Gil Alma : « On essaie vraiment d’être dans un humour simple et efficace, sans casser du sucre sur les autres. »


L’acteur et humoriste ouvre l’année théâtrale sur la Presqu’île…

 La Ville du Pouliguen vous propose, vendredi 13 janvier à 20h30 à la salle André Ravache, d’assister au spectacle de Gil Alma et Benoit Joubert. Le thème de cette pièce humoristique est le mariage. Gil a fait appel à Ben, son ami d’enfance, pour l’accompagner dans les préparatifs de ce grand jour. Les deux comédiens se saisissent du comique de situation pour le partager avec le public, dans une mise en scène oscillant entre pièce de théâtre et sketches. Les connaisseurs auront identifié en Gil Alma l’un des rôles principaux de la série « Nos chers voisins », diffusée sur TF1, et le premier rôle de « César Wagner », la série de France 2.

Pratique : Gil et Ben réunis, vendredi 13 janvier à 20h30, salle André Ravache au Pouliguen. Tarif : 20 € - Enfants : 8 € - Tarif réduit : 17 €.

Billetterie à l’Office de tourisme du Pouliguen - Par téléphone au 02 40 24 34 44 - En ligne sur le site de la Ville du Pouliguen : www.lepouliguen.fr / rubrique « se divertir » > saison culturelle.

Kernews : Vous serez le 13 janvier au Pouliguen : connaissez-vous notre région ?

Gil Alma : Oui, bien sûr. J’ai tourné dans toute la France. Je suis déjà venu jouer à La Baule et j’ai dormi dans un hôtel magnifique au Pouliguen. Je suis en région parisienne et je peux vous assurer que vous avez énormément de chance !

Dans ce climat de morosité ambiante, on a besoin de rigoler…

On a besoin d’espace, d’air frais, de la mer et de rigoler… C’est un spectacle très humoristique, qui est à la fois une pièce de théâtre et un duo d’humour. J’ai fait des one-man-shows et, avec Benoît Joubert, on a voulu écrire une histoire, comme une pièce de théâtre, mais en même temps on voulait parler au public. Le public est avec nous, on l’incorpore à notre histoire : je vais me marier, Benoît est mon témoin et les spectateurs sont les invités du mariage. Il y a plein de choses drôles dans le spectacle. C’est un spectacle familial et il y a juste une petite surprise au début, qui peut choquer, mais c’est très agréable…

Dans un one-man-show, les sketches s’enchaînent et vous pouvez modifier votre spectacle progressivement, en fonction de l’actualité. Or, cette fois-ci, vous êtes enfermé dans un scénario…

Effectivement, il y a une vraie histoire. Après, il y a de nombreux sketches. Par exemple, le jour du mariage, mon DJ décède, donc il faut trouver un remplaçant… On va au Salon du mariage et on rencontre des organisateurs espagnols, c’est un sketch à part entière. Ensuite, on apprend que les curés font grève... On se retrouve dans l’église pour trouver un curé et c’est aussi un sketch à part entière. Tout cela sert notre scénario.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de travailler sur cette thématique du mariage ?

J’avais mon spectacle, j’ai aussi produit le spectacle de Benoît Joubert et il avait un spectacle qui parlait déjà du mariage. Nous avons voulu reprendre ce thème, parce que c’était sympa, même si les choses vont très vite par les temps qui courent. Maintenant, pour tout vous dire, je suis en plein divorce... Donc, c’est un pied de nez à ma situation et c’est peut-être ainsi que je vais régler mes petits soucis, en m’amusant de cela. Il faut aussi parler d’amour, parce que nous en avons tous besoin.

 Vous êtes peut-être en train de préparer un futur spectacle sur le divorce…

Pas encore ! On a déjà fait 100 représentations, cela marche très fort. On doit encore en faire une centaine et le spectacle fonctionne vraiment énormément. On essaye à chaque fois d’améliorer le show et on verra plus tard pour la suite des événements.

Quelles sont les limites que vous vous fixez ?

Nous ne disons pas du mal des gens. Certains humoristes aiment bien tailler le public, mais on ne le fait pas. Nous ne disons pas du mal des politiques non plus. L’humour noir, on en fait un peu, mais on essaie vraiment d’être dans un humour simple et efficace, sans casser du sucre sur les autres. Nous sommes vraiment des gentils avec Benoît. On aime les gens, donc on n’a pas de raisons de dire du mal des autres.

Est-ce plus difficile de faire rire aujourd’hui ?

Oui. Dans mon one-man-show, je faisais des accents... Mais je suis le dernier des racistes ! Aujourd’hui, c’est impossible. Je ne peux plus faire l’accent arabe ou noir. Je peux encore faire l’accent belge ou espagnol... C’est dommage. Mon ex-femme est d’origine sénégalaise, donc vous voyez que je ne suis pas raciste. J'ai traîné dans les cités avec mes potes musulmans. Mais les temps changent. Heureusement, il y a encore de nombreux sujets sur lesquels on peut encore rire.

On vous identifie dans différentes catégories, puisque vous avez fait de la télévision, du théâtre et du one-man-show : en fait, qui êtes-vous ?

Je brouille les pistes... En réalité, j’ai eu énormément de chance avec les séries « Nos chers voisins » ou « César Wagner ». Je suis également producteur. Je suis un hyperactif et j’ai aussi été poissonnier. En réalité, je suis papa et c’est ce qui me caractérise le plus !

Au début, vous n’étiez pas du tout destiné à faire de la comédie…

Je me suis inscrit au cours de théâtre, je n’étais pas du tout scolaire. J’ai été poissonnier en même temps. Mais mon unique but était de faire rire les gens. Au début, j’ai joué du Guitry ou du Feydeau, des comédies... Mais avec ma tronche, qui n’est pas spécialement drôle, on m’a plutôt employé sur des trucs qui n’étaient pas vraiment très rigolos. Après la série « Nos chers voisins », ma carrière s’est fortement développée.

Il y a eu des têtes de comiques, comme celles de Jean Lefebvre ou de Paul Préboist, mais Louis de Funès n’avait pas un physique spécialement drôle non plus…

C’est vrai. Quand on voit Jacques Villeret ou Paul Préboist, on leur donnait forcément des rôles rigolos, ce qui n’était pas mon cas. À l’époque, on me donnait des rôles de jeune premier.

La meilleure école de théâtre, n’est-ce pas d’avoir été poissonnier ? 

Cela m’a appris la vie effectivement. Cela m’a appris à rester à ma place, même si j’arrive à décrocher des premiers rôles en télévision et même si j’ai un spectacle qui marche. Cela m’a appris à me souvenir que je me levais à cinq heures du matin et que j’avais les mains gelées… Le théâtre, j’ai appris plus tard. J’ai une série qui marche, « César Wagner », je gagne un peu de sous, tout va bien pour moi. Mais je n’ai jamais pris le melon. La moindre des choses, c’est de savoir rester humble et d’être agréable avec les gens.

Ce qui est intéressant, lorsque l'on regarde les dates de votre tournée, c’est que vous allez vraiment dans toute la France…

Je suis né à Montreuil, je suis Parisien, mais je préfère largement la province. Je suis ravi de venir au Pouliguen. Je suis un peu déçu car je ne pourrai pas rester puisque, dès le lendemain, je serai à Saint-Étienne. Mais je reviendrai au Pouliguen.

Pouvez-vous nous parler de Benoît Joubert ?

C’est une rencontre extraordinaire. On s’est rencontré il y a 12 ans sur un téléfilm pour France 3. C’était une comédie tournée dans le Périgord. On devait jouer des gendarmes rugbymen et homosexuels, mon père était Bernard Le Coq. Et, depuis, nous ne nous sommes jamais lâchés. Il est venu régulièrement à Paris pour mes anniversaires et il est devenu un frère. D’ailleurs, les duos fonctionnent toujours. Il a son accent du Sud-ouest, il est un peu plus rond que moi, ce sont deux personnages très différents et nous sommes bien dans nos rôles. Les gens retiennent d’ailleurs cette complicité.

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