Olivier Delamarche : « Il faut foutre le camp rapidement, car ce pays est foutu ! »


L’économiste Olivier Delamarche, fondateur des Econoclastes, est connu pour ses analyses sans langue de bois.  

Extraits de l’entretien

Kernews : De nombreux Français semblent insensibles aux difficultés économiques que rencontrent les artisans et les commerçants, notamment face à la hausse de l’énergie : est-ce parce que les fermetures se produisent progressivement sur un temps long ?

 Olivier Delamarche : Ce qui est important, c’est d’être protégé au moment où cela arrive. Le timing, c’est un truc de trader et peu importe quand les choses arrivent : ce qui est important, c’est de prendre les mesures à temps pour se protéger. Malheureusement, j’ai souvent annoncé ce qui allait se produire très longtemps à l’avance, parce qu’il y a une résilience énorme de la part des gens qui nous gouvernent et qui utilisent la planche à billets pour camoufler tout cela. Donc, tout cela dure. On distribue des chèques et des chèques, tout le monde trouve ça très bien, mais il va bien falloir payer tout cela à un moment ou un autre ! Si vous n’avez rien fait, cela risque de vous faire extrêmement mal et c’est pour cela qu’il faut prévenir et analyser les choses en amont. Quand cela va vous tomber dessus, ce sera radical : vous ne serez pas prévenu avant et, un lundi matin, vous allez vous retrouver devant des banques fermées...

 Mais les gens n’y croient pas !

D’accord, mais ceux qui n’auront rien fait n’auront que leurs yeux pour pleurer. Quand on leur a dit qu’il fallait faire attention au moment de la fermeture des centrales nucléaires, parce que c’étaient des bêtises qui allaient entraîner une explosion des prix, les gens ont rigolé. Maintenant, ils rigolent beaucoup moins… Ce sont des choses qui mettent du temps à se mettre en place. Les autorités économiques et financières font tout ce qu’elles peuvent pour retarder la chose, mais malheureusement tout se paye. Lorsque vous vous retrouverez dos au mur, il sera trop tard. Donc, il faut bouger avant, sinon vous serez pieds et poings liés. Il y a quelque temps, le Liban a explosé en vol…

Certes, mais on vous répond avec condescendance que c’est au Liban et que cela ne se produira jamais chez nous…

Exactement... Mais il ne faut pas oublier que c’était la Suisse du Moyen-Orient. Or on n’est pas mieux en termes de dettes ou de système bancaire. Cela va nous tomber sur la tête exactement de la même façon et vous aurez deux catégories de gens, comme vous aviez deux catégories de Libanais. Il y a ceux qui avaient confiance dans le système et qui sont restés dans les banques libanaises, ils n’ont plus rien et ils sont à la rue. Il y a ceux qui se faisaient traiter de paranoïaques allègrement, ou de complotistes, et qui ont mis leur argent aux États-Unis ou en Suisse, et ces gens sont tranquilles aujourd’hui. Vous aurez deux catégories de Français : ceux qui auront pris leurs précautions et ceux qui n'auront pas su prendre leurs précautions.

 Quels conseils donneriez-vous à un ami ?

Il faut foutre le camp rapidement, car ce pays est foutu ! Je n’aurais jamais imaginé que les gens soient assez bêtes pour revoter Macron, car nous n’avons jamais eu un président aussi nocif. On en a eu des tanches, en tant que présidents ! Mais celui-ci est ultra-nocif. Il nous emmène joyeusement dans le mur et les gens ne s’en aperçoivent pas. Aujourd’hui, puisqu’une bonne partie des Français sont ravis d’avoir Monsieur Macron au pouvoir - il chercherait même à rester presque à vie - il faut partir, parce que ce pays va vraiment dans le mur. J’avais déjà annoncé les différentes étapes. Les banques centrales vont se japoniser, c’est-à-dire qu’elles vont acheter toutes les obligations pour maintenir des taux bas. Ensuite vous aurez la soviétisation de l’économie. On est en plein dedans depuis la Covid. Et la dernière étape sera la libanisation du pays. Beaucoup de gens vont me traiter de parano ou de complotiste... Tant mieux pour eux, qu’ils gardent leurs croyances et on fera les comptes dans quelque temps. Donc, le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est de partir.

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